Les cartes du destin …(fin)

Neuvillalais si calme habituellement est en effervescence, il n’y a ici et là que des petits attroupements, les cancans vont bon train au bourg, tout le monde depuis lundi ne parle que de cette histoire .
La police à l’air de ne pas croire au crime d’un rôdeur, elle suit apparemment une autre piste, mais rien ne filtre, personne n’a le moindre renseignement
Il se murmure même que le nom du meurtrier est d’ores et déjà connu de ses services .

La pauvre madame Corbin ne cesse de prier                        pleurs
que ce cauchemar finisse, soutenue par ses
deux filles ainsi que la famille proche, pour qu’enfin
elle puisse enterrer en paix la dépouille de son mari .

La brigade mobile s’active soudainement dans le village, sous les yeux ébahis des badauds, quelques hommes partent perquisitionner une maison.
Au bout de quelques heures, les hommes ressortent avec une serpe et un pantalon tâché de sang

final

Ils repartent sans mot dire et dans les heures qui suivent, les habitants voient le fourgon cellulaire embarquer l’occupant du lieu …

Il s’agit d’un ami de la victime, âgé de 75 ans, marié et sans enfant, petit propriétaire de Neuvillalais . Il a souvent l’habitude de jouer aux cartes avec M Corbin, dimanche dernier encore il a été son partenaire .
Pressé de questions, il avoue le crime le mercredi  14 mars 1917 .
Le procès va pouvoir débuter bientôt et la famille  enfin savoir la vérité et être apaisée

tribunal final

18 Juin 1917 : le procès, seconde session des assises de la Sarthe est présidé par M Chauveau conseiller à la cour d’appel d’Angers assisté de M Aubertin président et M Edeline juge au tribunal du Mans .
Au banc des accusés se trouve M Tessier François, l’ex ami de M Corbin, son meurtrier, âgé de 75 ans, né le 4 octobre 1841 à Neuvillalais, un vieillard encore droit et qui paraît vigoureux . Sa physionomie est assez sympathique et son attitude devant le jury est bonne.

Interrogé, il explique ce qui s’est passé ce soir fatidique …
Revenant d’élaguer des haies et de couper du bois quand porteur d’une serpe, il se trouve au carrefour de la croix en face de M Corbin, des mots aigre-doux furent échangés; M Corbin aurait reproché à Tessier d’être trop vieux pour travailler utilement. Puis, il lui aurait lancé  » J’aurais tes terres de gré ou de forces  »
En effet, la victime convoitait depuis quelque temps des terres appartenant à Tessier et ne manquait jamais une occasion de lui rappeler qu’elles seraient à lui par tous les moyens. Et cette fois ci, des gros mots furent échangés sur un ton plus que vif à ce sujet. Amis avant, ces discutions houleuses devenaient de plus en plus fréquentes, violentes et avaient le don d’énerver Tessier qui passe pour avoir le sang chaud et est assez vite querelleur.
Mêlé jadis à une histoire de moeurs compromettante, si sa probité n’a jamais était suspectée,  il n’en serait pas de même de sa qualité morale …
L’accusé affirme que la victime armée d’un bâton l’aurait menacé et qu’il levait sa trique contre lui pour le frapper, en présence de cette arme, il lui aurait dit :  » N’avance pas ou j’te cogne « .
Mais Corbin n’écoute pas et continue ses menaces, ayant eu peur Tessier explique au jury :  » … Alors la colère m’a pris, j’ai arraché mon ‘ termiau’ d’mon crochet et j’lui en est foutu deux, trois coups bien appliqués et en face …  »
Voyant Corbin étendu à terre,  il l’a saisi par les pieds et traîner au fossé, a déposé sa casquette et trique à côté de lui puis s’en est rentré chez lui. Il nie avoir volé quoique ce soit sur le cadavre.
Aujourd’hui, il regrette vivement son geste et s’excuse en pleurant auprès de la famille Corbin.

C’est maître Mouliere, du barreau du Mans qui défend Tessier, il le fait d’une manière excellente. Il démontre comment cet homme souffrait quand Corbin lui disait pour plaisanter où non,  qu’il lui prendrait ses terres, acquises lopin par lopin aux prix de continuelles privations, sur lesquelles il avait travaillé toute son existence et qu’il aimait tant … Que même si il est vite querelleur, ce n’est point un meurtrier et voleur …

Le jury, sensible à ce réquisitoire, accorda des circonstance atténuantes à Tessier qui ne fut condamné qu’à 5 ans de prison .

Mais le voleur ne fut pas retrouvé ….

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Sources :  Photos imaginées par moi.

Police :    http://www.police-nationale.interieur.gouv.fr/Organisation/Direction-Centrale-de-la-Police-Judiciaire/Histoire-de-la-police-judiciaire

La victime :  http://gw.geneanet.org/leclerc64_w?lang=fr&pz=laurence&nz=leclerc&ocz=0&p=valentin+honore+rene&n=corbin

+ une recherche sur ses antécédants via filae, généanet, avec les patronymes, dates, lieux cités dans les articles.

Histoire retrouver sur Gallica, dans des extraits de jounaux de 1917

https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Ouest-%C3%89clair

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. blanche 3411 dit :

    Bonjour Lolo,
    Et bien voilà une histoire qui a presque bien finie pour le meurtrier. mais la famille de la victime a du garder une rancœur au fil des générations?
    Merci pour ce récit passionnant et bonne jorunée

    Aimé par 1 personne

    1. Lolo Heureuse dit :

      Oui, j’imagine que les deux familles ne pouvait plus se voir 🙂 … dur de cotoyer dans le même village …
      Merci pour ce com 🙂

      J'aime

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