Et moi ! …

 

landeeau

Toujours eux ! on ne parle que d’ Eux …

Et moi !! Personne ne s’en soucie, personne ne me demande.  J’ai aussi souffert, mon existence à sombré … j’ai survécu, mais je n’ai jamais pardonné, je ne le peux et ne pourrai pas … et surtout … je n’en ai aucune envie  !!

Orpheline, je n’ai qu’un oncle pour me guider dans la vie et je n’ai jamais voyagé hors de ma Sarthe où je suis née :

naissance de marie marguerite leon 1808 a poncé

L’été de mes 19 ans, ma destinée est à jamais chamboulée avec un homme … son charme voyou et ravageur font étinceler mes yeux de mille étoiles, mon coeur s’emballe tel un cheval fougueux  lorsque je le vois, il est beau, fort,  il a 20 ans, l’âge de toutes les audaces.

Je suis sourde et aveugle aux conseils que l’on me donne … je ne vois que mon beau Julien, je ne remarque rien, sauf son amour, ses attentions  pour moi. Pourtant je le sais, il n’est pas un garçon sage, c’est un chenapan, des bêtises, il en a déjà faites, mais il me la promit … pour notre amour il restera exemplaire … je le crois .

De par mes parents, j’ai quelques biens, des terres, une dot. Plus rien ne s’oppose à mon mariage … mon oncle y consent aussi. Le 26 novembre 1827, notre union a enfin lieu dans la belle église de Poncé-sur-le-Loir (72), ma joie et mon bonheur sont immenses

Je vois le futur empli d’amour éternel … d’enfants heureux … Julien travaille à la vigne, notre vie est calme, sereine. Moins d’un an après je suis enceinte, mon allégresse est totale. Le 4 octobre 1828 naît Julien Prosper à Poncé-sur-le-Loir

Julien désormais se loue comme journalier, pour nous faire plus de sous, dit-il. Parfois il est absent de longs mois et je reste seule.  Deux ans après, le 2 décembre 1830 c’est au tour de mon Pierre Louis de montrer sa frimousse :

Je n’aurais pu rêver mieux, deux fils, un homme qui m’aime …. A nouveau enceinte, le 21 août 1833 c’est Alphonsine  Marie Rosalie qui arrive au monde à Lhomme (72)

né alphonsine rosalie a lhomme

Mais le malheur n’est pas loin … le  29 décembre 1834  ma petite Alphonsine Marie Rosalie meurt à ses seize mois à Poncé-sur-le-Loir en notre demeure … puis c’est au tour de Julien Prosper de mourir, âgé de neuf ans, j’en suis bouleversée, mon coeur de mère ne comprend pas ! Pourquoi me les reprendre, mes deux petits anges. Julien fait toujours ses déplacements, il est souvent de plus en plus absent. Les gens du village commencent à jaser  …

Le 4 avril 1836, c’est Marie Alphonsine qui arrive dans notre foyer à Poncé

né marie alphonsine fille leclerc leon poncé

Le 18 juillet 1838 c’est au tour de Françoise Alphonsine de s’annoncer

La vie suit son cours, je suis heureuse au foyer avec les enfants; seule ombre au tableau Julien … il est très souvent absent, loin de nous, malgré ses dires que c’est pour nous apporter plus d’argent et nous faire vivre décemment, je ressens au fond de moi un détachement, une certaine froideur dans son être, chose qu’il n’avait point avant envers moi … j’ai peur qu’il refasse des bêtises ou se laisse entraîner par quelques vauriens rencontrés dans une auberge . Dans le village les gens chuchotent entre eux, mais je n’y prête guère attention, ils ont toujours critiqué mon Julien … j’aurais peut-être dû les écouter plus …

L’année 1841 arrive, je suis de nouveau dans l’attente d’un heureux événement. Le 6 février naît Léon René, un nouveau fils

… mais Julien n’a pas l’air heureux, il est toujours d’humeur maussade, en colère. Il m’a présenté une dame, une amie dit-il, Jacquine Louise MENANT, soi-disant pour m’aider, me soulager avec les enfants, la ferme … je ne l’aime pas ! elle me regarde d’une façon qui me glace les os.

… Si j’avais su …  16 février 1841 : Le monde s’écroule autour de moi !

Léon René, dix jours, est mort assassiné ! Julien arrêté pour ce meurtre, avec la Jacquine Louise, sa complice !  Lors de l’enquête j’apprends qu’ils sont amants depuis plusieurs mois, que c’est lui qui a fourni le poison pour qu’elle se débarrasse de mon fils … comme d’un vulgaire chiot encombrant ! Elle n’a pas hésité une seule seconde, comment a-t-elle pu ? elle est aussi une mère ?! Et lui, il m’a trahi, bafoué, c’était sa chair, son fils ! il ne m’a jamais aimé …Je le hais maintenant !

Je suis seule avec mes enfants pendant le procès, faisant face à l’opprobre des villageois, on me juge aussi, je suis montrée du doigt, calomniée, même injurier … pourquoi tant de haine ? je n’y suis pour rien, je suis victime, malheureuse … Je me dois d’être forte pour ma famille, de ne jamais baisser les bras, nous devons vivre, survivre. Nous partirons du village, tenter de se reconstruire ailleurs, là où l’on nous reconnaîtra pas, ne nous montrera pas du doigt .

Année 1882, le 25 juin je meurs seule chez mon fils Pierre Louis à Lavernat (72)

dc de marie marguerite leon femme julien leclerc a lavernat 1882

Après maints combats pour survivre avec mes enfants, ma vie détruite, je n’ai qu’un seul regret … n’avoir pas su protéger mon petit Léon René comme il fallait …

http://gw.geneanet.org/leclerc64_w?lang=fr&pz=laurence&nz=leclerc&ocz=0&p=marie+marguerite&n=leon

  • Cet article fait suite à ceux  de   » Toi … Ma tueuse  »  » Interview d’une meurtrière  » et « Moi Julien, père et meurtrier …  » .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. jmg013 dit :

    On dirait du Zola…

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    1. Lolo Heureuse dit :

      Merci Jean-Michel, c’est un magnifique compliment 🙂 !

      Aimé par 1 personne

  2. genealeibbrandt dit :

    Histoire très triste, magnifiquement racontée ! Mon coeur de maman ne peut que compatir à ses malheurs …

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    1. Lolo Heureuse dit :

      Merci genéaleibbrandt 🙂

      J'aime

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